Les actions de l’année 2007 ayant pesé sur l’équilibre financier de l’association au début de l’année 2008, il n’y a pas eu d’initiatives coûteuses comme les voyages-vacances pour les enfants dans leur pays d’origine. En revanche, le C.A.S.O.D.O.M . a envisagé ces actions en 2009 pour deux départements, la Guyane et la Réunion.
Certaines actions, en particulier en faveur des jeunes, ont été continuées. Ces actions consistent à prendre en charge des déplacements et des accompagnements en faveur de nos jeunes dans les domaines culturel ou artistique ou tout simplement dans la recherche de convivialité. Des initiatives sont prises pour que cette action ne se limite pas à Paris ; elle pourrait tout aussi bien s'appliquer à d'autres départements de l'Ile de France, voire éventuellement des villes de province. Nous avons eu des avancées dans ce domaine dont nous espérons la concrétisation.
Nous avons préparé la mise en place pour 2009 de l’opération « Les talents de l’Outre-Mer ». Cette opération implique des actions qui s’échelonnent sur deux ans. Nous avons pris contact avec nos partenaires habituels et recherché les promesses de financement nécessaire au lancement de l’opération. Nous avons estimé que nous pouvons raisonnablement nous engager, et nous nous sommes assurés du soutien de notre partenaire privilégié pour la phase finale de l’opération, le Conseil Economique et Social. Notre demande a été accueillie avec la même sympathie que précédemment. L’appel de candidatures a lieu en janvier 2009.
Le Président a eu, au cours de l’année, des entretiens avec les partenaires du C.A.S.O.D.O.M. dans les départements des Antilles-Guyane. L’accueil a été généralement très favorable et laisse espérer que notre association pourra continuer son action, mais les difficultés financières qui dominent actuellement appellent la vigilance. Ces rencontres ont été rendues possibles grâce au concours actif que nous apportent nos délégués régionaux, et les équipes qui les entourent.
Les partenariats qu’entretient le C.A.S.O.D.O.M. avec les collectivités publiques et autres institutions n’ont guère changé en 2008. Notons cependant qu’une demande de partenariat nous a été faite par une Amicale d’originaires des départements d’Outre-Mer à Reims qui a entrepris une collecte et des actions diverses destinées à rapporter de l’argent en faveur des les victimes du cyclone Dean. Le rôle du C.A.S.O.D.O.M. a été à la demande de cette amicale d’assurer la gestion administrative et financière de cette action.
Un autre partenariat a eu lieu avec l’association dénommée l’ A.P.P.A.G. qui a organisé parmi les originaires des Antilles et de la Guyane un recrutement important de futures pilotes professionnels de l’aviation civile. L’A.P.P.A.G. a souhaité la collaboration et le concours actif du C.A.S.O.D.O.M. La sélection des candidats s’est d’ailleurs faite en grande partie au siège du C.A.S.O.D.O.M.
Quant à l’organisation de notre association, elle est maintenant achevée dans le but de répartir autant que possible les tâches et de donner plus de force à notre action collective.
Les commissions que nous avons créées permettent en effet un partage organisé des fonctions et des responsabilités parmi les membres du Conseil d’Administration. On sait en effet que plusieurs commissions ont été constituées, en particulier : « Animation-Culture et Action Sociale », « Financement et Adhésions », « Talents de l’Outre-Mer ». De même le C.A.S.O.D.O.M. peut s’appuyer dans chaque département d’Outre-Mer en tant que de besoin sur des délégations ayant à leur tête des personnalités de poids : la délégation régionale de Guyane vient de changer de titulaire ; la délégation de la Réunion qui n’existait pas vraiment est maintenant très bien représentée.
C’est aussi en 2008 que nous avons entamé une réflexion sur une lacune qui nous paraît devoir être éclairée eu égard à ce qu’on peut observer dans bien d’autres communautés. On sait en effet que les originaires des départements d’Outre-Mer se comptent par centaines de milliers en France, en particulier dans la région parisienne. Les espaces publics et associatifs n’étant pas très nombreux, ni bien répartis, l’espace de rencontre et de convivialité qui pourrait se développer autour de la cuisine de chez nous nous serait du meilleur effet, ne serait-ce que parce qu’il faciliterait le maintien du lieu avec nos racines. Or les points de restauration sont extrêmement rares ; quand ils existent, ils sont en général de bonne qualité, mais peu accessibles au plus grand nombre. Les voies et moyens d’une évolution dans ce domaine méritent au moins d’être étudiées pour tenter de les promouvoir. C’est ce que nous avons entrepris.
En conclusion, le C.A.S.O.D.O.M. a pu dérouler ses actions au service de nos compatriotes dans les conditions normales grâce au soutien des différents partenaires qui assurent notre survie et qui ont droit à nos vifs remerciements.
Nous essaierons de continuer à ne pas les décevoir.
Le Président,
Georges DORION
N.B. : On trouvera en annexe les rapports spéciaux du service social, de la conclusion juridique et de la consultation psychologique.
Annexe
Activité du Service Social
par Madame Maryline Rodrigues, assistante sociale
____________
Le Service Social a reçu en entretien 2209 personnes aux permanences sociales. Pour les autres activités, comme par exemple, les attributions d’aides financières ou de tickets service, ainsi que pour les diverses actions spécifiques, on peut trouver les informations chiffrées dans le tableau ci-joint.
Il n’y a pas de changements quant aux diverses caractéristiques représentatives concernant les personnes reçues. Les Antilles arrivent toujours en tête ; cependant, on peut remarquer une augmentation de l’accueil des originaires de la Guyane et la Réunion.
En général les personnes adressent directement leur demande au service, en se présentant à l’accueil ou par téléphone, quelque fois par courrier ou par mail. Les Services Sociaux, les associations spécialisées ou caritatives, les Caisses Générales de sécurité Sociales des Départements d’Outre-mer, ainsi que l’ANT nous signalent les personnes en situation de précarité pour lesquelles des aides diverses sont mises en place. Nos relations avec les usagers de l’A.N.T. se sont renforcées ces derniers temps grâce à une collaboration étroite avec ses services sociaux.
Comme d’habitude, le Service Social reçoit, écoute, répond aux diverses demandes d’aides ou oriente les personnes, vers les services sociaux, administratifs ou autres, susceptibles de les aider. Nous travaillons en lien avec les autres structures socio-éducatives et les organismes de droit commun. De nombreux usagers et de nombreux services nous contactent pour des renseignements divers concernant les départements d’Outre-mer, les prestations du CASODOM, les possibilités d’aides...
Les demandes d’aides financières arrivent toujours en tête, cela reste la demande la plus importante, ainsi que l’aide à la subsistance par le biais des tickets service. Les budgets des personnes aidées restent très modestes, certains usagers étant même sans aucune ressources et en attente de demande de prestations qui mettent parfois quelques mois à leur être versées.
Les autres demandes restent les même que les années précédentes : le logement et l’hébergement qui restent très précaires, le retour au pays et les voyages vacances pour renouer avec la famille et rompre l’isolement de la migration, les difficultés administratives et juridiques, les problèmes relationnels ou psychologiques...
Il est à noter que plusieurs demandes sont parfois exprimées au cours d’un même entretien, les personnes rencontrées cumulant bien souvent des difficultés multiples. Ainsi les personnes aidées vivent en général dans des situations sociales très défavorisées, sans emploi, sans ressources stables ou allocataires des minima sociaux ou des prestations familiales. Elles sont très souvent sans logement ou hébergées de façon précaire chez des amis ou de la famille ou en centres d’hébergements de façon ponctuelle et avec des temps de séjour limités.
Cette année, en plus des consultations sociales, psychologiques et juridiques, le CASODOM est intervenu pour l’aide au soutien aux malades ; des sorties culturelles ont été organisées en direction des enfants ; des aides financières et des tickets services ont été attribués ; des enfants ont pu bénéficier d’un Arbre de Noël.
Il est à regretter, comme antérieurement, le manque de moyens dans les domaines de l’hébergement et du logement, les demandes restant souvent sans solution satisfaisante.
Consultation juridique
Observations de Maître Adeline Trabon, avocate
__________
Le nombre de consultations que j’ai eu à donner au cours de cette année 2008, a légèrement diminué par rapport aux années précédentes.
Comme de coutume, il est constant qu’un certain nombre de personnes prennent rendez-vous, confirment, pour finalement ne pas se rendre à CASODOM le jour de la consultation.
Cependant, ces rendez-vous peuvent parfois être remplacés par un entretien téléphonique. Le consultant convient préalablement avec votre secrétariat, d’un horaire où il peut me rappeler lors des permanences.
Les thèmes juridiques traités sont à peu près les mêmes que lors des années passées, et portent notamment sur les points suivants :
-Droit des personnes, droit de la famille, procédures de divorce, procédures après divorce.
-Demandes de pension alimentaire par les mères délaissées par leur conjoint ou concubin.
-Droits de visite et d’hébergement du père resté en métropole.
-Problèmes de succession, d’indivision et de partage.
-Droit du travail : procédures de licenciement abusif et/sans cause réelle et sérieuse, rappels de salaire (calculs).
-Consommation : problèmes liés aux crédits à la consommation, et à la négociation d’échéanciers.
-Loyers impayés : demandes de délai pour régler la dette locative ou quitter les lieux.
-Droit pénal : questions diverses…
Comme vous le savez également, je complète souvent l’entretien en invitant à déposer un dossier d’aide juridictionnelle (AJ), afin d’obtenir la désignation d’un avocat, tout en leur indiquant que je reste à leur disposition en cours de procédure, dans le cadre des permanences données à CASODOM.
Le besoin d’assistance, d’insertion et d’écoute demeure toujours d’actualité, d’autant plus en cette période marquée par la récession économique.
Nous nous devons donc plus que jamais donc d’être à leur côté pour cette nouvelle année 2009.
Consultation psychologique
Observations de Mademoiselle Luciana Loïal, psychologue
___________
L’activité de conseil et de soutien psychologique reste importante au sein de la permanence. Les problématiques de logement et d’emploi sont au centre des préoccupations, avec des retentissements sur le fonctionnement des familles et des couples.
Une part de l’activité concerne :
- des consultations mère-enfant : soutien à une jeune mère dans l’élaboration autour de son enfant atteint d’un retard important de développement et en particulier de langage.
- de la guidance parentale auprès de pères dans les cas de séparations : maintenir le lien aux enfants malgré le conflit avec l’ex-compagne, élaborer autour de la perte et permettre qu’un lien sain perdure.
Une autre part de l’activité concerne des problématiques personnelles liées à :
- des pertes d’emploi
- des difficultés majeures dans la poursuite des études ( conflits avec les collègues, problèmes de concentration et d’apprentissage).
- des phobies de type social, avec difficultés dans les relations avec les pairs. Travail autour des questions de ce que me veut l’autre, mais aussi travail sur les représentations et le décodage de la réalité sociale ou professionnelle.
- des voyages pathologiques en métropole : élaboration de ce voyage, les raisons, ce qui est quitté, ce qui est recherché. Travail de mise en lien avec des professionnels de santé en métropole pour gérer le moment de crise qui n’a pu être évité malgré le voyage, et avec ceux des départements d’Outre-Mer d’origine pour préparer la mise en place de soins adaptés au moment du retour au pays.
- des traumatismes anciens non élaborés et qui font retour dans la lecture du quotidien et dans le rapport aux autres. « On me veut du mal, c’est du racisme, on m’a fait du mal, c’est pourquoi je ne réussis pas, c’est bizarre ». L’accès à une place de sujet, à une place d’homme, de femme, l’accès à un travail semblent alors barrés par cette relation imaginaire à l’autre.